Choix des libraires : Langage des sans-voix

9782897192433

«Ce qu’il faut comprendre», insista un jour Martin Luther King, «c’est qu’une émeute est le langage des sans-voix». Le recours à l’émeute, suggérait-il, est rarement un signe d’irrationalité ou d’un comportement de foule.

Il est plus souvent le fait de gens marginalisés qui cherchent à faire entendre leur voix. Et si, en certaines occasions, ces excès de «violence» n’étaient pas condamnables, mais au contraire légitimes, voire admirables, puisqu’elles rendraient les revendications de ceux et celles qui sont opprimé.e.s impossibles à ignorer? C’est la question qui traverse cet essai éclairant de Stephen D’Arcy. La dernière décennie a été marquée par de nombreux mouvements de contestation à travers le monde, du mouvement Occupy au Printemps arabe, en passant par les grandes manifestations du Printemps québécois.

Ces «éruptions» de résistance illustrent parfaitement l’apport essentiel du militantisme pour la démocratie, car elles ont permis à une nouvelle génération privée de perspectives d’avenir de se faire entendre. Sur la base d’un «modèle démocratique» qu’il a établi pour déterminer la légitimité d’une pratique militante, D’Arcy démontre, à travers moult exemples, qu’il vaut mieux orienter les discussions sur les tactiques et stratégies militantes en fonction de leur nature démocratique plutôt que condamner la violence de façon aveugle et systématique.

À la fois analyse des aspects éthiques et politiques de l’action militante et examen de l’histoire de la résistance citoyenne, « Le langage des sans-voix » soutient avec force l’idée que la pratique militante ne constitue pas un danger pour la démocratie. Bien au contraire, le militantisme apparaît clairement comme un remède légitime à l’intransigeance des élites et comme un contrepoids aux systèmes de pouvoir qui ignorent les revendications populaires et musellent toute voix dissidente.

Ce qu’en pense notre libraire : 

Le militantisme a parfois mauvaise image. Les blocages, les saccages ou encore les pillages créent de l’insécurité chez les citoyens. Stephen D’Arcy redonne au militantisme ses lettres de noblesse. Surtout, il ne faut pas faire d’amalgame et il est important de remettre l’action dans son contexte. C’est pourquoi l’auteur propose de discuter et de proposer une conception normative du militantisme afin d’en défendre son droit.

La qualité de cet ouvrage se trouve dans la multitude de références poussant l’auteur à argumenter ses idées constamment, mais aussi dans sa manière d’affirmer la nécessité de cet acte citoyen. L’objectif premier des militants et des militantes est de répondre à une injustice, de faire entendre les laissés-pour-compte avant tout.

-Marie Vayssette

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